Remarqué pour sa série de photo « Les âmes illuminées », Fabrice Wittner surprend par ces images hantées de fantômes en quête d’humanité dans les rues désertes de Christchurch (Nouvelle Zelande) ou Hanoï (Vietnam). Il a bien voulu prendre le temps de répondre à quelques questions sur sa démarche et la technique qu’il utilise.
Comment avez-vous eu l’idée de ce projet ?
J'ai commencé à travailler sur le light painting avec mon ami Hervé Baccara (Dr. Gosh, graffiti artiste) il y a déjà quelques années. En 2010, nous avons expérimenté la technique des pochoirs en créant des personnages issus de mes photos. Cette technique est très répandue dans le street art et Dr. Gosh apporta l'idée de l'appliquer au light painting. Nous avons chacun développé nos techniques respectives tout en travaillant ensemble.
Le projet Enlightened Souls a vraiment démarré à Christchurch, Nouvelle Zélande en Avril 2011 alors que je photographiais les dégâts du tremblement de terre qui avait eu lieu deux mois plus tôt. Le but était alors de documenter et soutenir à ma façon les victimes de cette tragédie, sans commune mesure dans ce pays. Pour aller plus loin, j'aimerais pouvoir organiser une enchère de tirages limités pour contribuer à aider les habitants de Christchurch.
La seconde partie à été réalisée à Hanoï durant les mois de novembre et décembre 2011. Je m'étais rendu au Vietnam pour travailler sur un projet commun avec Dr. Gosh alliant portrait et light painting. J'ai voyagé à travers le pays en septembre et octobre et durant cette période j'ai constaté que les touristes vietnamiens (citadins) et les habitants des régions plus reculées se portaient très peu de considération réciproque. J'ai trouvé l'idée plutôt drôle de faire errer des gamins issus des montagnes du Nord dans Hanoi. Ces gamins des champs qui ne verraient certainement jamais la capitale se sont donc offert un petit tour chez leurs cousins des villes. D'où le nom (« Hanoi Countryside Mice ») qui fait référence au Rat des Villes et Rat des Champs.
Peux-tu nous en dire plus sur la technique que tu as mis au point ?
L'utilisation du pochoir en light painting est le même qu'avec de la peinture. On découpe une forme et on applique la lumière à l'arrière. Pour ce qui est des réglages de l'appareil, la série ES Country Mice a été réalisée avec un Nikon D700 au NIKKOR 50mm f/1.8 et au NIKKOR 20mm f/2.8. Je règle l’ouverture entre F16 et F22 à 100 ISO. Pour certaines photos, j'ai utilisé un filtre gris afin d'assombrir encore la scène ce qui me laisse plus de temps pour peindre et déplacer l'installation du pochoir.
J'ai utilisé les outils que j'avais à ma disposition avec un budget très limité. Carton en rouleau, un peu de visserie, deux lattes en bois et deux trépieds flash. Pour peindre j'utilise un flash Elinchrom Quadra avec une softbox.
Quels sont tes projets actuels et à venir ?
Aujourd'hui, je suis à nouveau concentré sur mon activité principale, à savoir la photo outdoor. Je travaille depuis 2007 sur de la photo d'action. Ski et snowboard durant l'hiver, VTT et slackline durant l'été.
J'ai cependant d'autres projets en tête et en cours. Le retour de Dr. Gosh en France annonce un nouveau projet alliant light painting et pochoirs ; la série Enlightened Soul devrait se poursuivre au printemps lorsque j'aurais le temps de m'y consacrer à nouveau. Un autre projet qui va se poursuivre en 2012 est celui sur les minorités vietnamiennes. Le musée d'ethnologie d'Hanoï me soutient dans ce sens et je suis à présent à la recherche de partenaires afin de finaliser ce projet.
Visiter son site : http://www.wittner-fabrice.com


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