Nicolas Mingasson est reporter photographe depuis ses 25 ans. Habitué des sujets au long cours il s’est cette fois immergé dans le quotidien d’un soldat du 21e régiment d’infanterie de marine. C’est le seul journaliste français à avoir pu effectuer une telle mission mais lorsqu’on lui pose la question, il s’efface pour rappeler que les héros ce sont véritablement le sergent Christophe Tran Van Can et les soldats de son régiment, qu'il a photographié et filmé pendant 1 an.
Ayant travaillé pour l’agence Gamma ou France soir, Nicolas avait déjà effectué un reportage de guerre en Bosnie. Mais ici, la volonté était de suivre, de son départ de France à son retour, une personne qui serait le fil conducteur du reportage, la clé de voûte d’une « histoire », celle de l’homme plongé au cœur d’un conflit dont les mécanismes lui échappent mais qui doit assurer la « mission et rien que la mission » sans faillir. Ceci impliquait de prendre le temps pour instaurer une vraie relation de confiance et d’échange.
Pour le matériel, Nicolas avait deux exigences : « fiabilité et simplicité ; je veux pouvoir oublier l’appareil ». Il a opté pour un D3s et un D700, plein formats robustes et rapides, capables de supporter la chaleur, la poussière et l’action ! « Je n’avais pas peur de passer mon matériel, qu’il se retrouve au fond du hummer ou manipulé par les soldats ! ». Du coup les soldats se sont amusés à prendre quelques photos :
C’est la chaleur qui s’est avéré être le plus compliqué à gérer : dans cette région elle est telle que le capteur risque la surchauffe ; c’est pour cela que le D3s est équipé d’un mécanisme qui coupe automatiquement le courant dans le boitier pour lui permettre de refroidir. Par ailleurs la tropicalisation assure l’étanchéité contre les poussières qui se seraient infiltrées partout autrement. « J’ai passé un an dans des conditions extrêmes, mais mon Nikon a très bien tenu le coup - en fait il n’a rien ! ». Du côté du choix des optiques, c’est la polyvalence qui a prévalu : un NIKKOR 16-35mm f/4 pour le grand angle, un NIKKOR 24-70 f/2.8 toujours très pratique et un NIKKOR 70-200 f/2.8 pour les portraits.
« J’apprécie le soutien de Nikon. Nikon s’intéresse à ses photographes et n’hésite pas à mettre la main à la pâte. Il y’a un vrai contact qui se crée ». Ce sont grâce à des services comme la Nikon School et l’Espace Pro que les photographes comme Nicolas peuvent être formés au matériel ou aux techniques de prise de vue digitale et conseillés sur les nouveautés par des professionnelles reconnus. C’est aussi l’assurance d’être rapidement pris en charge lorsque le matériel connait une avarie et qu’il doit être remplacé. Un vrai plus.
Quand on est au cœur de l’action, pas le temps de régler l’appareil. C’est là que le mode priorité diaphragme fait des merveilles en ajustant la vitesse (et même l’ISO si on le souhaite) à la situation. Une des choses qui a le plus surpris Nicolas en utilisant le D3s c’est l’extraordinaire sensibilité de son capteur, jusqu'à 100 000 ISO. Ce détail fait toute la différence lorsque les conditions de lumière sont sous-optimales et qu’il faut agir vite pour ne pas rater LA photo. Même en pleine nuit, le D3s va trouver la lumière, un peu comme l’œil lorsqu’il s’adapte à l’obscurité. Un avantage incomparable !
Nicolas s’est aussi essayé au mode vidéo du D3s – 20 heures de rush ! – car il lui parait intéressant de mixer les média. « En HD 720p la qualité est impressionnante. On y voit aucune différence avec du Full HD. Ce qui m’a également plus c’est la stabilisation [du 16-35mm] : un avantage indispensable dont je ne peux plus me passer. C’est simplement génial. » Il n’y a que le son sur lequel Nicolas est un peu resté sur sa faim, mais avec la sortie du nouveau micro Nikon ME-1, ce ne sera désormais plus un problème ! Pour un premier essai vidéo, l’essai est transformé puisque Nicolas s’est vu proposer la diffusion d’un documentaire de 26 minutes à la télévision, entièrement filmé avec son reflex. « La boîte de production n’a pas hésité en voyant la qualité des rushs. »
La photographie reste toutefois son outil de prédilection. Elle garde ce côté magique que l’on pouvait avoir à l’époque de l’argentique, quand on n’était jamais vraiment certain du résultat tant que la pellicule n’était pas développée. Pour rester « sous tension » et concentré sur l’action, il ne regarde pas ses photos mais préfère laisser cette tâche à son éditeur. Cet œil extérieur a le recul nécessaire pour choisir celles qui seront publiées. « La photo, c’est comme le cinéma » nous explique t-il. « Au cinéma il y’a le chef op, le réalisateur, le cadreur, chacun à un rôle ; on ne peut pas tout faire. C’est pareil pour la photo : le photographe est celui qui prend la photo. La retouche et l’édition sont d’autres métiers. Je prends les photos mais c’est tout. »
Ses prochains projets le ramèneront en Arctique, qu’il connait déjà, et peut-être aussi en Afghanistan. Ce métier, « plein de gens pourraient le faire, c’est parfois très simple mais il faut prendre le risque de changer ». C’est la curiosité et les rencontres qui le poussent à continuer car « l’appareil photo permet de créer une proximité et ensuite de partager une histoire ». Nous espérons qu’il continuera à nous raconter les histoires de ces personnes aux vies exceptionnelles qu’il rencontre.
Bonne route !
Le site de Nicolas Mingasson
Journal d'un soldat français en Afghanistan, sur Amazon

